Pour les 25 ans de Japan Expo, voici la carte de l'évènement modifiée avec les stands qu'il faut visiter (en vert) ou fuir (en rouge), des conseils pour avoir ses dédicaces et passer un bon moment, plus quelques évènements notables.
La liste des stands filtrée, détaillée et affichant leurs contenus est également disponible.
La carte et la liste sont utilisables sur place même si vous n'avez pas d'accès Internet : la carte est une image enregistrable sur votre appareil, et la liste est une feuille Google Sheets que vous pouvez consulter hors-ligne avec l'application - ou exporter en Excel, voire imprimer si vous êtes masochiste.
Je serai sur place tous les jours et je me réjouis à l'idée de vous rencontrer. Bonne convention !
Quelques détails sur la méthodologie
- Les stands verts mettent en avant les produits officiels et originaux : ceux sous licence (Maho Editions, A556, dans le village mangas.io), et ceux étant la création propre de leurs auteurs (JennyMiki et Hocbo, stand C600). Comme on dit chez Vega (stand A556, dans le village mangas.io) : "Faire un manga, c'est toujours mieux que de vendre du shit."
- Les stands proposant des fanarts ont une description un peu plus détaillée dans la liste avec quelques fandoms exposés. Ils ne sont pas mis en vert ou en rouge, car certains ayant-droits sont tatillons ; pour vivre heureux, vivons cachés. Coté "boy's love", beaucoup de Love and Deepspace (Sirukki Art, stand T759) - je me demande si la dernière polémique en date va rayer des goodies de la carte.
- Idem pour les stands proposant des produits de fandoms venant de marques autorisant, voire encourageant les produits de fans, comme Mihoyo (stand E772). Je préfère mettre en avant les auteurs qui ne se reposent pas sur la licence d'autrui et prennent le risque de proposer leurs propres univers (Kuralya, stand L537) - surtout s'ils font du bon boulot (Chou, stand T799) et des vidéos rigolotes (A2T Will Draw, stand A604).
L'utilisation d'intelligence artificielle est rédhibitoire (Kawaii-Favie, L758), même si les organisateurs de Japan Expo restent circonspects. Et pour cause, puisque j'ai directement posé la question aux patrons de la SEFA à l'issue de Japan Expo 2025. Réponse officielle : les amateurs ont une interdiction contractuelle d'utiliser l'IA pour garder le caractère passionné et fait à la main, les professionnels y ont droit pour ne pas mettre à la porte les studios d'animation ou de jeux vidéo qui s'en servent dans leur production. Mieux : un invité cette année use et abuse de cette technologie...
Les stands de gens de bon goût
- Le stand Wabi-Sabi (U577), qui invite de nombreux artisans à vendre leurs produits, liste cette année chaque boutique. Cherchez "U577" dans la liste et découvrez un fabricant de geta, des bijoux en kintsugi, et toutes sortes de coiffes japonaises héritées du rococo français, histoire de boucler la boucle. Réservez une bonne heure pour faire le tour de ces artisans et offrez-leur un bon accueil, car vous ne les reverrez pas de sitôt.
- A l'inverse, Project Rabbie (E550) revient. J'avais déjà écrit l'an dernier sur cet objet multimédia, entre musiques enregistrées sur du matos analogique, émissions de radio et jeu vidéo, qui était venu sans rien à vendre ! Maintenant qu'ils ont déjà fait leurs selfies sous la Tour Eiffel, j'ose espérer qu'ils auront quelques vinyles à nous refourguer... Et aussi : un stylo Evangelion avec socle dédié à 190€ (Nippon Station, H793) ? Des goods pondu par un Italien qui a besoin de changer de médecin (MiitsuJuice, S747) ? Des blazers américains stylés et sous licence officielle (Bosuman, B552) ? A Japan Expo, y'a tout ce qu'il faut !
- Y'a un amateur qui s'appelle "Le Roiton Laveur". Il est à l'emplacement AMA077.
En parlant de selfies sous la Tour Eiffel : l'auteur du manga Hima-Ten sera présent à cette Japan Expo et a conclu son manga la semaine dernière dans Shonen Jump, pile avant de sauter dans l'avion. A croire qu'il l'a bouclé pour répondre à l'appel des baguettes de pain !
Les stands atypiques
- Quelques stands de fanarts honorent des fandoms obscurs ou rarement abordés, et je n'ai pas manqué de les signaler dans la liste (cherchez "oui oui"). Le jeu vidéo Pathologic (Koalaquarelle, T747 et aussi Reikiwie, Q582), L'Ere des Cristaux (Sophingers, Q783), voire un trip nostalgique sur Ouran High School Host Club (Tomotoad, S769) ? J'ai ce qu'il vous faut, oui oui !
- Idem pour certains artistes ayant fait un long chemin pour nous voir : Australie (Roy The Art, P753), République Tchèque (Wei.Aviii8, D603, partage son stand avec DorkDevil qui vient d'Autriche) et même Sibérie (Kantakerro, R608) : l'amitié entre les peuples à travers l'amour du Japon.
- Et comme d'habitude, les stands tenus par des professionnels qui cherchent à garnir leur carnet d'adresses de revendeurs européens. Des autels shintoïstes pour votre oshi (Kamidananosato, M609), une usine de boutons de chemise à Ōta (Iris Co, J583), des Baümkuchen (Juchheim, L582), autrement dit une pâtisserie allemande réinventée par les Japonais exposée dans une convention française ? Suivez le guide !
Entre les énièmes porte-clés/autocollants/badges, un nouveau type de gadget germe : les "clicky" (Moni Moni, N804). C'est un jouet type "fidget spinner" avec des touches de clavier montées en porte-clés.
Les stands de mauvaise foi
- Evidemment, palanquée de scalpeurs en tout genre, tous en rouge. Mitsuhiro Arita, illustrateur de cartes Pokémon et présent à cette convention, ne s'y trompe pas et fait payer 22€ l'accès à son stand, vous offrant le privilège d'acheter une carte ! Coté revendeurs, c'est toujours la maison des fous : une carte One Piece distribuée gratuitement revendue 520€ ? Un Shonen Jump revendu 1000€ alors que les contrefaçons sont légion ? Une carte Pikachu au prix d'une maison, un tarif sans commune mesure avec le marché ? Ton stand est très vulgaire, tes mangas coûtent très cher, ok super
- Aniki cartes manga, stand C604. Déjà présent lors des éditions précédentes, les cartes étaient illustrées de personnages tirés de l'Attaque des Titans ou de Naruto sans complexe... A présent, ils n'hésitent même plus à dessiner un vieux big three sur les sachets de boosters (avec mention "création originale" !) ou piocher plus récent, parce que leur culot est en orbite.
- Le bouffon de Japan Expo 2026 : Karumelo, stand Q581. Excusez la liste à puces, mais cet article est déjà trop long et je veux publier cet article.
- Un paquet de cartes vendues 18€ ; précédemment, il y en avait un second à 25€, toujours mentionné dans la FAQ, mais il a disparu du site. Chaque carte est illustrée d'un fanart d'un dessin animé. Evidemment, le stand ne propose que des préventes, histoire de n'engager aucun capital et produire les cartes avec votre argent pour une livraison en automne.
- Le concept : une application smartphone manifestement vibe-codée (ignorez le logo généré par intelligence artificielle, j'ai pas fini) et un QR code dans le paquet de cartes. Vous scannez le QR code dans l'app, et cette dernière lance un blind test de génériques d'animes. Vous annoncez votre réponse, et retournez la carte pour vérifier votre réponse.
- En pratique : les vidéos de génériques sont hébergées sur YouTube - même pas un serveur à soi ! Le Content ID de Google étant ce qu'il est, vous vous tapez une pub de 20 secondes pour entendre 3 secondes de "Cha-la Head Cha-la" avant de répondre que c'est le générique de Dragon Ball.
- Le mensonge : sur la page de l'application iPhone, il y a un commentaire élogieux posté (en mai 2026) par quelqu'un qui a découvert ce jeu à la Japan Expo, alors que ce stand n'existait pas l'an dernier. Un commentaire posté du futur, quoi. Faut croire que la machine de Steins;Gate peut aussi poster des critiques sur l'AppStore...
- L'enfilade : les artistes à l'origine des fanarts sur les cartes n'ont été ni rémunérés, ni même contactés. Karumelo a juste volé des dessins en pensant que nommer l'artiste est une compensation suffisante. Certains sont d'ailleurs mal crédités, nommant un gus qui a juste reposté l'illustration sur Pinterest !
- Bonus : vous êtes artiste ? Voilà un jeu rien que pour vous : allez regarder leurs cartes et retrouvez vos dessins (ou ceux des copains) dans ce pillage !
- En bref : Karumelo perd au grattage et au tirage. Cette société pioche sans vergogne dans le catalogue des animes, mais il tape aussi des artistes plus modestes.
Ce qui change à Japan Expo 2026
On rentre dans les détails de geek, vous pouvez vous arrêter de lire ici. Encore une fois : bonne convention, et j'espère vous croiser dans les allées. Merci de votre fidélité pour cette 17ème carte modifiée.
- Pour son dixième anniversaire en 2009, Japan Expo utilisait deux halls du parc des expositions de Villepinte ; pour son vingt-cinquième anniversaire, un quatrième hall (le n°3) fait son apparition. Dézoomez la carte, et vous verrez que l'espace ajouté n'est pas encore occupé, et à comparer avec l'année dernière, il ne répond pas non plus à une surcharge dans une configuration à trois halls. Quand Japan Expo ferme ses portes à 18h30, routes et chemins de fer sont surchargés ; pour limiter la cohue, des soirées ont été ajoutées au planning depuis quelques années, histoire d'étaler les départs. Pour éviter que les visiteurs nocturnes ne s'égarent dans les allées, ces évènements avaient lieu dans la salle Yuzu en hall 4, située en périphérie de la convention. Maintenant, Yuzu est dans le hall 3, et son ancien emplacement accueille la scène Také, dédiée aux jeux vidéo, qui fera elle aussi des soirées. Tout ceci est inclus dans le ticket d'entrée et requiert une autorisation que l'on obtient gratuitement dans l'application smartphone (là où vous récupérez vos dédicaces), et leur contenu est indiqué sur la carte.
- Jusqu'à l'année dernière, les stands étaient colorés selon un arc-en-ciel de catégories : littérature, jeux vidéo, tourisme... Tant pis pour les daltoniens ! Ces couleurs m'obligeaient à marquer les stands en vert ou en rouge par des cadres. Cette catégorisation est toujours présente sur le site internet, mais elle a disparu de la carte, où tout le monde est blanc. J'en profite donc pour colorer les stands moi-même !
- Pour faire simple : les stands amateurs sont poussés vers la sortie. Toujours limités à un prix maximal de 12€ par article au mépris de l'inflation, leur tarif a augmenté de 20%, leur nombre a diminué de 40% en un an, et il ne contient qu'un badge d'accès au lieu de deux (dommage si vous avez une vessie). L'espace amateur n'a jamais été rentable - ces précieux mètres carrés peuvent être vendus à plus offrant - mais il n'a jamais eu cette vocation. Hérité de la culture doujinshi, cette zone sert de pied à l'étrier pour des créatifs trop frêles pour quitter leur boulot et vivre de leur art. Comme dans les boulots où l'intelligence artificielle coince l'arrivée des juniors, virer les amateurs aujourd'hui coincera l'arrivée des stands pros de demain. Une décision d'autant plus lourde de conséquences pour demain, car...
A quoi s'attendre pour Japan Expo 2027
- ... l'année prochaine outre-Rhin, la Dokkomi aura lieu à la date habituelle de Japan Expo, la faute à un planning local chargé. Jusqu'ici, plusieurs conventions massives s'alignaient au début de l'été : Dokkomi en Allemagne (juin), Anime Expo à Los Angeles (début juillet), Japan Expo à Paris (mi-juillet). Ce ne sera pas le cas en 2027, et que l'on soit exposant ou visiteur, il faudra choisir ; je doute que quiconque baissera ses tarifs pour attirer le chaland, et nombre de professionnels comptent sur le duo Japan Expo/Dokomi pour financer le reste de l'année. Un chiffre d'affaires et de fréquentation divisés dans un climat de tarifs haussiers, va y avoir du sang sur les murs. Ce que l'on observe déjà ailleurs...
- ... par exemple, en Amérique. Les conventions sont devenues inabordables et invivables, suivant un modèle économique consistant à tirer plus de fric à moins de clients plus fortunés. Modèle suivi par d'autres domaines du divertissement, et qui ne saurait tarder à être imité en Europe. La preuve avec Paris Games Week, dont le nombre de visiteurs a perdu 30% depuis le Covid, et qui va proposer une nouvelle mouture cet hiver.





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